Nos Concerts - 2025. RENAISSANCE et BAROQUE

Au fil de l'écoute

Catherine/Henri 2025. RENAISSANCE et BAROQUE 60
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PRESENTATION DU PROGRAMME DES CONCERTS DE MARS 2025

L’Ensemble Vocal du Val de Loire propose cette année une promenade musicale sur le thème de l’amour, sacré et profane, au fil de l’Europe de la Renaissance et Baroque.
L’amour se décline sous diverses formes et la musique en exprime toutes les facettes :


- If Ye love me, du très catholique Thomas Tallis, est un motet typique de la Réforme anglicane, écrit en anglais et non plus en latin. Il évoque la certitude que l’obéissance aux commandements divins conduira le chrétien à l’amour de Dieu le Père. Tallis compose une pièce dans un style méditatif, extatique et planant, chantée encore aujourd’hui en Angleterre par toute l’assemblée des fidèles.
- Domine, ne in furore tuo, est une pièce pour 6 voix composée par Claudio Monteverdi sur un texte extrait des sept psaumes pénitentiels de David. Ici, l’amour sacré est vécu dans la crainte de la colère divine «Domine, ne in furore tuo ». Le croyant s’épuise dans une passion envers Dieu qu’il imagine comme une puissance pleine de rigueur et de fureur. C’est une incantation, un appel, avec l’espoir d’une consolation paternelle aimante.
- Now is the month of maying, de l’anglais Thomas Morley (1557-1602) et Mignonne allons voir si la rose du français Guillaume Costeley (1531-1606) qui met en musique le célèbre poème de Ronsard, sont deux pièces profanes typiques de la fin de la renaissance en Europe. Elles évoquent la légèreté, le plaisir et l’insouciance du jeu de la séduction, le bonheur de la quête amoureuse mais aussi la fugacité de la jeunesse que le poète nous encourage à vivre «puisqu’une telle fleur ne dure que du matin jusques au soir.
- Autant en emporte le vent est un titre qui fera recette au XX° siècle. Mais dans cette composition du XV, Pierre de la Rue (1460-1518), un contemporain de Josquin des Prés, est plus grave en nous parlant du consentement en amour ; si l’Amour n’est pas consenti, «si le cœur ne donne la touche », et bien, l’amour est vain et «Autant en emporte le vent ».
- Teresica hermana, du compositeur espagnol Matéo Flecha, est une satire de la vie dans l’Espagne du XVI°, « l’âge d’or ». Un amoureux essaie de circonvenir, avec des « s’il te plaisait », « une seule nuit avec toi » une jeune Teresica qui est bien tentée, malgré le risque de grossesse. Ici, l’amour peut avoir des conséquences graves, voire dramatiques, comme le montre, après cette fararirira amoureuse, l’intervention de la mère, furieuse, à l’issue d’une « si mauvaise nuit (tan mala noche) ».
- Claros y hermosos ojos est également une composition profane, de l’Espagnol Francisco Guerrero. Ici, l’amour est plutôt courtois : beaux yeux clairs et surtout regard où se montrent les mouvements de l’inclination amoureuse, ses attentes, ses refus. Guerrero magnifie les yeux et le regard comme les véhicules privilégiés de l’amour.
- Komm, jesu, komm : avec le motet no 5 de Jean Sébastien Bach pour double chœur, nous revenons à l’amour spirituel. C’est le seul motet dont le texte n’est pas biblique, mais composé sur un poème de Paul Thymisch, écrit pour des funérailles et inspiré de l’Evangile selon St jean.
Les deux chœurs se répondent et dialoguent ensemble. Dans la partie concerto, la plus longue, les 6 phrases du texte sont traitées en panneaux musicaux différents selon leur sens. Tout d’abord la souffrance physique et morale de l’Homme face à sa fin proche, puis l’espoir en la paix et enfin l’appel à Dieu et en son amour par une écriture fuguée des deux chœurs autour du mot Komm komm, viens viens. Ce concerto se termine dans l’allégresse avec 8 fois «die Wahreit » (la Vérité) et « das Leben » (la Vie).
La fin de ce motet est une Aria (sans être un choral) qui unifie les deux chœurs. Les derniers mots sont les suivants : « Jésus est et demeure le seul chemin vers la vie » et ils sont traités musicalement d’une façon figurative par un mélisme des sopranes qui monte vers l’aigü comme une ascension vers le ciel.
Ce motet, quoique funèbre, n’est pas tragique : il invite le croyant à la paix de l’âme et la confiance dans l’amour divin.

- Herr, wenn ich nur dich habe est un extrait pour deux chœurs d'un motet composé par Schutz pour des funérailles. Ici l’amour est à la fois plénitude :«Seigneur, si je n’ai que toi, je ne demande rien d’autre », mais aussi paix et salut pour l’Au-delà. Tout d’abord les deux chœurs chantent alternativement en se répondant, puis ils sont réunis pour chanter le réconfort recherché dans l’amour divin.
- Stabat mater, à 10 voix de Domenico Scarlatti, probablement composée vers 1719 pour St Pierre de Rome, pour 4 voix de sopranes, 2 d’alto, 2 de ténors, 2 de basse.
Quoique les 10 voix n'interviennent pas toujours ensemble dans chacune des 10 parties de l'œuvre, nous sommes étourdis de la complexité de cette composition qui reste toujours très belle et musicale.
Cette œuvre dépeint la douleur d’une mère devant la souffrance de son fils à l’agonie. Cet amour maternel meurtri sollicite la compassion la plus universelle et touche, en chacun de nous, les émotions les plus intenses.
C’est l'une des œuvres de Scarlatti les plus connues du fait de sa complexité, lui qui est surtout un compositeur de sonates pour clavecin.